« On veut prouver que ce qui s’était passé lors de la CAN 2023 n’était pas de la chance », s’est écrié Émerse Fae, le sélectionneur ivoirien, le 9 décembre 2025, à Abidjan, lors du dévoilement de la liste des 26 Eléphants appelés à défendre le prestige du pays à la CAN 2025 au Maroc. Après le sacre de 2023, la rumeur en a couru pour les uns sur un prétendu coup du sort ou un attendu coup de main du corps arbitral pour les autres.
Le coup de sang des perdants pour embrumer l’éclatant succès de la Côte d’Ivoire a porté beau la controverse sur les mérites réels du groupe d’Émerse Fae. Lui-même accessoirement désigné meilleur entraîneur africain de l’année 2024 grâce à son coup d’éclat au stade olympique d’Ebimpé, comprend l’enjeu historique du rendez-vous marocain. Il est alors solennel, le temps de raviver la flamme des frissons répandus en 2023 au stade de la Paix de Bouaké ou au stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro.
Cela passe par les sentiers les plus sûrs dont le premier est la mise en place d’un jeu cohérent fait de certitudes et d’efficacité. Les joueurs les plus méritants étant sollicités, il faut susciter l’éclatement de leur talent, comme le prône Zinedine Zidane, l’ancien entraîneur du Real Madrid triple vainqueur consécutif de la Ligue des champions de l’UEFA : « Le bon entraîneur, c’est celui qui adapte son système de jeu aux qualités de ses joueurs. Pas le contraire ». Pour lui, cette erreur fait le drame de plusieurs techniciens.
D’ailleurs le talent ne sert à rien quand il est cloisonné dans des rigidités tactiques. De plus, le coach doit bien lire les matchs et savoir déceler les défaillances des joueurs pour prendre les bonnes décisions sans faiblesse aucune.
Le second sentier incombe aux joueurs. L’appel de la patrie est supérieur aux intérêts des clubs car une fois en sélection, certains aventureux perdent leur vista et la rage de vaincre. Le sens du devoir des anciens parmi les Éléphants, doit implémenter la conscience de l’histoire chez les plus jeunes. Ce sera un passage de flambeau pour Yan Diomandé, Christ Inao Oulaï, Amad Diallo, Mohamed Koné, Bazoumana Touré, Guela Doué ou Armel Zohouri, lorsqu’ils aideront à porter un deuxième ‘coup de marteau » sur la tête des différents adversaires. Ainsi au soir du 18 janvier 2026, tous les revanchards partis solder des comptes au Maroc, reconnaîtront peut-être que les Ivoiriens ont plutôt solidifié les contes par un coup de génie.



