La mort de la jeune femme dont on pensait qu’elle s’était elle-même donnée la mort par pendaison, livre ses secrets.
Le village de Soubrélilié, dans la sous-préfecture de Nébo, département de Divo, n’en a pas encore fini avec les drames. Le lundi 17 novembre 2025, une jeune femme, Tékpli Amoin Euphrasie, 33 ans, mère de deux fillettes de 10 et 6 ans, a été retrouvée pendue dans sa chambre conjugale, plongeant le village dans l’émoi total. Un tel acte ne s’était encore jamais vu dans la bourgade.
Noël Kacou, le mari éploré, frère cadet du chef du village, a annoncé la nouvelle au village, provoquant des pleurs. Mais l’affaire est désormais éclairée d’une autre lumière. La morte a elle-même, désigné son assassin. Votre journal, ivoiriexress.com, écrivait au moment des faits, que « selon les informations recueillies sur place, cette jeune dame s’est donnée la mort pour cause de jalousie. Ayant découvert l’infidélité de son partenaire, elle décide de mettre fin à ses jours.

Pour certains, son conjoint fréquentait une autre jeune fille dans le village. C’est vers 22h30, lorsque son conjoint est sorti pour aller acheter des cigarettes qu’elle a mis de l’eau dans son seau de bain en faisant semblant d’aller se doucher. Elle a ensuite changé de direction pour aller se pendre dans sa chambre à l’aide de foulards qu’elle a soigneusement noués ». La défunte est même accusée d’avoir déjà effectué plusieurs autres tentatives de suicide, ce qui corrobore les dires des proches du mari. Le père de la défunte, Tékpli Roger, vit à Divo, dans le quartier Konankro. Victime d’un accident très grave il y a quelques mois, il se déplace difficilement. Informé, au lendemain du drame, il engage les formalités.
Mais le jeudi 20 novembre 2025, une jeune femme vivant dans un autre quartier, tombe en transe et, traversant toute la ville, se rend au domicile de Roger Tékpli pour demander qu’on la conduise de toute urgence à Soubrélilié. Le père obtempère et, sur les lieux, l’inimaginable se produit.
Vêtue d’un T-shirt gris avec des rayures horizontales et un pagne violet avec des hirondelles noué autour des reins, elle prend la voix de la défunte et raconte les faits, comme ils se sont déroulés, après qu’elle a tenté d’interdire à son époux de sortir durant cette nuit fatidique. La scène est entièrement filmée.
« Je suis entrée dans la maison pour m’asseoir. Il est entré pour me demander ce que je disais. Quand je lui ai retorqué de me laisser tranquille, il m’a giflée avec une grande violence. Sa mère était là, assise, quand son fils me battait et me maltraitait. Je n’ai pas été empoisonnée, j’ai été battue à mort. Je n’avais plus d’énergie. Il est ensuite sorti et revenu après 5 mn pour me frapper à la bouche. Quand il a vu que je ne bougeais plus et que j’étais morte, il m’a soulevée pour me pendre afin de faire croire à un suicide ».
Clairement identifiable dans la vidéo, la mère reste assise, tête baissée, sans réaction. Entrant dans la maison, la jeune femme en transe se tord de douleur en criant pour montrer ses peines. Elle entre dans la maison conjugale. « Voici le foulard avec lequel ont dit que je me suis pendue. Une telle étoffe peut-elle pendre une personne ? Il m’a étouffée. Il m’a brisé les côtes. Je souffre de douleurs ».
Selon le père Roger Tékpli, un homme dénommé Jacques Doka, originaire du village Koukouédou et bien connu pour ses nombreuses activités culturelles dans la région, a été envoyé en mission de conciliation, à la tête d’une délégation, à Bouakako, village natal de la défunte. Devant les parents réunis, il reconnait que Noël Kacou est bel et bien le meurtrier d’Euphrasie.
« Je me suis effectivement rendu à Bouakako le mercredi 26 novembre. La jeune femme ne pouvait pas mourir comme ça, alors qu’elle avait sa sauce au feu. On ne peut pas nier la culpabilité du village de Soubrélilié. C’est pourquoi on m’a désigné pour la médiation. Nous avons donc reconnu la faute et présenté les attributs de l’alliance afin d’apaiser les cœurs. Je retourne à Bouakako le vendredi 5 décembre 2025 pour les pourparlers ».
Le corps de Tékpli Amoin Euphrasie a été déposé dans une morgue de Divo. Et l’affaire, à la gendarmerie. « Je dois déposer les dernières vidéos auprès des gendarmes aujourd’hui (NDLR : mercredi 3 décembre 2025), pour que l’affaire suive son cours », soutient le père de la défunte. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette affaire place le droit positif ivoirien dans une position délicate. Comment traiter un témoignage fait post-mortem ?
Paul D. Tayoro



