Le Mouvement des générations capable a tenu, sa plénière la plus importante en dehors du Congrès et de la convention. Le parti a dit toute sa vérité sur la candidature de Simone Ehivet Gbagbo.
Le MGC ne se sent pas complexé devant les accusations venant des autres partis politiques, notamment ceux dont les candidatures n‘ont pas été retenues. Alors que le débat fait rage dans les réseaux sociaux et les quartiers, le parti politique de Simone Ehivet Gbagbo a tenu son deuxième et dernier Conseil national de représentation (CRN) le samedi 27 septembre 2025. Des dizaines de délégués venus de toutes les régions de la Côte d’Ivoire ont pris part à cette assise organisée au siège du parti, tandis que les responsables résidant à l’étranger, suivaient par vidéo-conférence.
L’occasion était propice pour clore le débat sur la candidature de Simone Gbagbo à qui d’aucuns reprochent de s’être engagée dans la course au fauteuil présidentielle. Des militants, en effet, se sentent perturbés face à ces accusations visant à présenter le MGC comme un traitre à la cause de l’opposition et sa candidature, comme une caution au quatrième mandat.
Au nom de la haute direction du parti, l’ancien ministre Koffi Koffi Lazare a livré tous les faits qui justifient la posture actuelle du MGC. « Soyez décomplexés et croyez en votre parti », a-t-il lancé avant de préciser que depuis 2022, lors de son Assemblée générale extraordinaire organisée en août 2022, le MGC a pris la résolution de participer à toutes les élections. Devant les difficultés prévisibles, le MGC a lancé un appel à l’union de l’opposition à Bouaké en 2023, puis à Bondoukou en 2024.
« C’est nous qui avons décidé de rassembler tout le monde pour aller au dialogue politique », soutient Koffi Koffi Lazare. Et il explique que pour que ces élections de 2025 soient inclusives, crédibles transparentes, il a paru nécessaire de rassembler toute l’opposition. Plus de 44 missions ont été envoyées aux partis politiques et à la société civile. Et la première plateforme créée était SYNERGIE. Cela n’a pas évolué parce qu’un décret interdisait à la société civile de cheminer avec les partis politiques.
Une autre plateforme a été créée. 24 partis politiques répondent au nouvel appel et se mettent ensemble dans la Coalition pour une alternative pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-Côte d’Ivoire), pour obtenir des élections transparentes, inclusives et apaisées. La mission était d’obtenir des élections crédibles. « Il n’avait jamais été question d’en faire une plateforme pour une candidature unique ». Constatant le manque de volonté du pouvoir d’ouvrir le processus électoral, la CAP-Côte d’Ivoire demande le dialogue politique entre le gouvernement et l’opposition. Mais le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille.
« Au cours d’une rencontre officielle entre les membres de la CAP-Côte d’Ivoire, il a été admis le principe selon lequel tant que les conditions d’organisation d’une élection crédible ne sont pas réunies, aucun membre de la coalition ne devrait y participer. Nous n’avons pas obtenu le dialogue politique. Mais le même jour où nous avons pris la décision, des membres des partis signataires, notamment le PDCI et le FPI allaient déposer leurs dossiers pour la formation du parrainage », poursuit l’ancien ministre.
Lorsque la question a été posée à Philippe Ezaley, vice-président du PDCI-RDA à propos de cette démarche suspecte, sa réponse a été des plus troubles. « Ce n’est pas le PDCI-RDA qui a déposé un dossier de candidature, mais le candidat Thiam ». Pire, « chaque parti politique a son propre cheminement, vous pouvez faire comme vous voulez ».
C’est ainsi que le MGC a effectué un rétropédalage pour annoncer sa candidature. Mais avec un long retard. « Nous avons été les derniers à déposer les dossiers pour obtenir les kits. Le PDCI-RDA et le PPA-CI étaient déjà sur le terrain. Qui est surpris du rejet de laurent Gbagbo ? Qui est surpris du rejet de Thiam ? Ils ne sont pas sur la liste électorale. Or, justement, c’est pour les aider à y être inscrits que nous demandions le dialogue politique ». Tout en invitant les militants à la sérénité, Koffi Koffi Lazare s’interroge. « D’où vient-il qu’on nous accuse d’avoir trahi » ?
Paul D. Tayoro



